La galerie Les Théodores présente prochainement Legere, une exposition consacrée aux recherches récentes de l’artiste Julie Larrouy, dont la pratique oscille entre héritages pop, dépouillement formel et réflexion sur la prolifération des images qui envahit notre quotidien.
Au cœur de ce projet, une question insistante : que reste-t-il de l’image lorsqu’elle se dérobe ? Comme les fragments d’un rêve qui s’effilochent au réveil, les compositions de Larrouy semblent vaciller entre apparition et effacement. En choisissant de travailler à partir d’images issues de la culture de masse, l’artiste déconstruit leurs mécanismes, dissèque leur fabrication et met à nu leur puissance d’influence : comment les images naissent-elles ? Que produisent-elles en nous ? Et que demeure-t-il d’elles lorsque leur sens s’évanouit ?
L’exposition réunit trois ensembles qui dialoguent autour de ces interrogations.
Distitled-core rassemble des pages de bande dessinée évidées, dont ne subsistent que les silhouettes d’actions disparues. En retirant personnages, bulles et objets, Larrouy expose les fantômes des scènes d’origine, révélant la persistance du motif même en son absence.
Avec Imago, l’artiste poursuit cette exploration par des compositions de formes découpées, présentées sous un papier rendu translucide par l’huile. Ces images ajourées, presque flottantes, donnent l’impression d’une couleur prélevée ou d’une matière en fuite, comme si l’image elle-même s’était retirée.
Enfin, Martyr met en lumière les sous-mains de carton utilisés lors des découpes de Distitled-core. Striés de lignes laissées par les lames, ils deviennent des surfaces gravées, presque scripturales, témoins silencieux du processus de création.
Legere propose ainsi un parcours où l’image se délite pour mieux interroger notre regard, dans un monde saturé de flux visuels que nous croyons maîtriser mais qui, bien souvent, nous échappent.
Les Théodores est un espace dédié aux arts visuels géré par des artistes et installé dans le centre-ville de Namur (Place Maurice Servais). A mi-chemin entre la galerie d’art, l’espace d’exposition et le centre de recherche, l’intention est de créer un lieu pour des propositions nouvelles





