L’Université libre de Bruxelles, La Cambre, INSAS et le Conservatoire royal de Bruxelles s’associent sous le nom d’ATLAS (Alliance pour la Transmission et les Liens entre Arts et Sciences) – Brussels School of Arts, partenariat destiné à renforcer les échanges entre recherches et pratiques interdisciplinaires. Cette initiative officialise une série de conventions multilatérales qui existent depuis longtemps entre les institutions.
Le projet reste aujourd’hui modeste dans sa structure car il s’agit d’une association de fait destinée à faciliter les échanges entre institutions, soutenir les étudiants souhaitant développer des recherches transversales et mutualiser certaines pratiques liées à l’enseignement, à l’accueil international ou à la santé étudiante.
« Notre complémentarité est une force que nous pouvons aujourd’hui mettre à disposition de nos étudiants et de nos chercheurs, tout en créant des ponts entre des disciplines souvent trop cloisonnées. Nous avons un rôle à jouer pour faciliter ce décloisonnement entre arts et sciences et encourager l’interdisciplinarité, tant en matière d’enseignement que de recherche », souligne Annemie Schaus, rectrice de l’ULB.
Arts et sciences : des coopérations devenues stratégiques
Ce partenariat ouvre néanmoins la voie à un vaste champ des possibles à la fois académiques et scientifiques, mais aussi artistiques. L’influence de l’art dans plusieurs découvertes scientifiques majeures du 20e siècle a déjà fait l’objet d’études tandis que l’institutionnalisation du décloisonnement des arts avec les sciences est effective depuis de nombreuses années dans de nombreuses universités à travers le monde. Les arts y sont considérés comme des disciplines capables de stimuler la créativité et de produire de nouvelles méthodologies, alors que les sciences enrichissent considérablement les sujets abordés par les artistes.
Les enjeux contemporains – intelligence artificielle, crise écologique, automatisation, transformations des espaces publics, saturation informationnelle – nécessitent des approches capables de relier pensée critique, expérimentation technique et création de récits. Dans cette perspective, les artistes sont perçus comme des acteurs capables d’interroger les systèmes, de déplacer les imaginaires et d’apporter des points de vue originaux sur des mutations complexes.
Aussi un enjeu territorial
C’est précisément ce qui rend ATLAS intéressant malgré les limites actuelles du projet. L’initiative bruxelloise ne crée pas encore un véritable modèle transdisciplinaire structurant comparable aux grands pôles internationaux mais elle ouvre néanmoins un espace de coopération qui pourrait progressivement évoluer vers des formes de décloisonnement plus structurelles entre enseignement, recherche et innovation. Bruxelles possède d’ailleurs plusieurs caractéristiques favorables à cette évolution : densité institutionnelle, scène artistique internationale, présence universitaire, multiculturalité et proximité des institutions européennes.
Au-delà de ce partenariat, l’enjeu est aussi celui de l’attractivité et de la créativité des territoires. De nouveaux écosystèmes capables de connecter différents domaines de connaissances et d’expérimentation peuvent émerger de ce type de porosité entre secteurs.




