À Liège, la Galerie LRS52 consacre une exposition à André Lambotte jusqu’au 7 juin 2026. Intitulée Aux confins du silence, cette présentation revient sur le parcours d’un artiste dont le travail explore depuis plusieurs décennies les relations entre arts plastiques, rythme et écriture.
Né à Namur en 1943, André Lambotte développe une œuvre singulière fondée sur la répétition, la structure et la temporalité. Ancien musicien de jazz, il conserve de cette pratique un rapport étroit à la composition et à l’écoute, qui irrigue l’ensemble de sa démarche plastique. Dès le début des années 1970, il entreprend la série des Anthropographies, composée de signes tracés à l’encre de Chine sur papier. Ces écritures automatiques, organisées en registres successifs, évoquent autant des partitions que des pages manuscrites.
Influencé notamment par Christian Dotremont, l’artiste abandonne progressivement la peinture à l’huile au profit du papier et de l’encre. Son vocabulaire graphique évolue alors vers une abstraction de plus en plus dense, où les signes se multiplient jusqu’à former des textures complexes. À partir des années 1980, il réintroduit la couleur à travers des superpositions de crayons, développant une technique mêlant strates chromatiques et tracés d’encre.
L’exposition met également en lumière des cycles plus récents, dans lesquels André Lambotte poursuit son exploration des micro-variations graphiques et chromatiques. Son travail joue sur des oppositions entre saturation et respiration, répétition et déplacement, minimalisme et prolifération du signe.
Le titre de l’exposition fait écho à une réflexion de l’artiste autour de la musique du compositeur György Ligeti, dont il reprend l’idée selon laquelle une accumulation de microstructures peut produire une forme d’ensemble dépassant le hasard. André Lambotte revendique ainsi une approche du regard proche de l’écoute musicale, invitant le spectateur à appréhender ses œuvres dans leur durée et leurs infimes variations.





