Dernière exposition annoncée avant la fermeture prochaine de La Centrale, décidée par le bourgmestre de la Ville de Bruxelles, la vitrine du centre d’art contemporain accueille une installation de Grégoire Motte. Ce projet marque un ultime geste artistique dans l’espace public de l’institution, à la fois discret et chargé de symboles, alors que La Centrale s’apprête à tirer le rideau après des années consacrées à la création émergente et expérimentale.

Artiste aux pratiques hybrides, Grégoire Motte développe un travail où les formes plastiques dialoguent étroitement avec l’écriture. Récits historiques, mythes réinventés et fragments autobiographiques se croisent dans des dispositifs qui prennent tour à tour la forme de textes, de conférences performées, de films, de compositions musicales ou d’installations d’objets. Son œuvre procède par répétition, glissements et variations, brouillant les frontières entre fiction et érudition.

Pour la vitrine de La Centrale, l’artiste présente une nouvelle version de L’apparition mythologique de Witloof, épisode central de La trilogie de la chicorée, projet entamé en 2019 avec le compositeur Gabriel Mattei. Motte y raconte, sur un mode à la fois épique et burlesque, la naissance supposée de la première endive dans une cave de Schaerbeek en 1830, au cœur des bouleversements révolutionnaires. Entre légende agricole et fable contemporaine, l’installation prolonge une réflexion singulière sur la fabrication des récits, leur transmission et leur capacité à transformer l’ordinaire en mythe.

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