Le Musée d’Ixelles rouvrira ses portes au public en mars 2027 à l’occasion d’un week-end inaugural. Fermée depuis 2018, l’institution bruxelloise achève un vaste chantier de rénovation, d’extension et de repositionnement engagé sur près d’une décennie. Cette réouverture intervient dans un contexte de redéfinition du rôle du musée, à la fois comme lieu patrimonial et comme plateforme de création contemporaine.

Un chantier architectural et énergétique d’envergure

Le projet, mené en deux phases entre 2018 et 2026, visait à moderniser les infrastructures et à adapter le musée aux standards actuels en matière de conservation, de sécurité et de performance énergétique.

Les espaces d’accueil ont été entièrement repensés, intégrant de nouveaux services (café, boutique, vestiaires), tandis qu’une extension a permis la création d’espaces pédagogiques, d’un lieu polyvalent et de zones extérieures accessibles.

La rénovation a également porté sur l’ensemble de l’enveloppe des bâtiments : isolation, toitures, systèmes HVAC, éclairage LED et production d’énergie solaire. L’investissement global atteint 11,15 millions d’euros, combinant fonds communaux, legs privés et financements européens.

Huit ans de fermeture active

Pendant cette période, le musée a poursuivi ses missions en dehors de ses murs. Une vingtaine d’expositions itinérantes ont été organisées en Europe, attirant plus de 150.000 visiteurs. En interne, un travail de fond a été mené sur la collection : récolement complet, numérisation des inventaires et campagnes de conservation. Ces opérations ont permis d’actualiser la connaissance d’un fonds riche de près de 15.000 œuvres et de renforcer les conditions de leur préservation à long terme.

Un patrimoine revisité à travers ses œuvres

La collection du musée constitue l’un des axes centraux de son repositionnement. Elle rassemble peintures, sculptures, œuvres graphiques, photographies et installations retraçant plus de deux siècles de création artistique, avec un focus sur l’art belge.

Parmi les ensembles emblématiques figure la collection d’affiches, comprenant notamment l’intégralité des 31 lithographies originales de Henri de Toulouse-Lautrec, un cas unique partagé avec le musée d’Albi. Le parcours inclut également des œuvres majeures de la modernité, comme Le thé au jardin (1904) de Théo Van Rysselberghe, ainsi que des créations contemporaines, à l’image de Gina (2019) de Charlotte Beaudry. L’ensemble est complété par des œuvres d’art ancien, notamment des gravures de Albrecht Dürer, qui inscrivent la collection dans une histoire élargie de la tradition européenne.

Un repositionnement entre patrimoine et création contemporaine

La réouverture s’accompagne d’un projet scientifique et culturel renouvelé. Le musée entend renforcer le dialogue entre patrimoine et création actuelle, en invitant artistes contemporains et chercheurs à interagir avec la collection. Ce repositionnement repose sur plusieurs axes : accessibilité accrue, diversification des publics et affirmation d’un modèle à taille humaine, favorisant une relation directe aux œuvres.

Une œuvre monumentale pour incarner la relance

La relance du musée s’incarne également dans la commande d’une installation monumentale à Tatiana Wolska. Réalisée à partir de matériaux recyclés collectés localement, l’œuvre investira les nouveaux espaces d’accueil et s’inscrit dans une démarche participative et environnementale.

Une nouvelle identité visuelle

Enfin, le musée adopte une nouvelle identité graphique et un site web repensé, conçus pour accompagner son repositionnement et renforcer sa lisibilité dans le paysage culturel. Avec cette réouverture, le Musée d’Ixelles ouvre une nouvelle phase de son histoire, articulant transformation architecturale, relecture des collections et redéfinition de ses missions publiques.

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