Un an déjà. Un an qu’Art Content Magazine couvre la création contemporaine en Belgique francophone avec une ambition qui n’a pas changé : rendre visible la richesse de la création, donner envie d’aller à sa rencontre et considérer la culture comme une véritable clé de lecture du monde.

1 an passé, 32 portraits rédigés, 100 expositions visitées, 225 articles publiés et près de 18.000 km parcourus, principalement sur les rails, et toujours la même conviction : l’art crée du lien, nourrit l’imaginaire, fait circuler les idées et permet de regarder autrement ce qui nous entoure. Le magazine était né du constat d’un manque de médiatisation de la création artistique et d’une volonté de raconter cette dernière, de l’expliquer, de la questionner, de la critiquer.

L’origine du magazine vient aussi de mon inépuisable curiosité pour des sujets très variés et, donc, de cette capacité de l’art à aborder tous les pans de la société et du monde. À travers la diversité des artistes, des démarches et des pratiques, presque tous les sujets deviennent matière à réflexion et questionnement avec, toujours, un angle singulier. Les artistes posent les questions que personne n’envisage et, ce faisant, modifient notre propre vision du monde.

C’est cela qui m’anime : comprendre, découvrir, voir autrement. Et c’est aussi ce qui nourrit ma conviction qu’il existe une place essentielle pour l’art dans la société, individuellement comme collectivement, pour apporter de la nuance, nourrir le débat, stimuler la créativité et ouvrir des espaces de réflexion.

Cette première année a surtout confirmé une chose : il y a énormément à raconter.

Parcourir les expositions à travers la Wallonie et Bruxelles, c’est découvrir une richesse parfois insoupçonnée. Des artistes, des lieux, des projets, des initiatives portés avec une énergie et une passion remarquables. Et puis il y a les portraits qui naissent souvent de l’envie de comprendre pourquoi un.e artiste s’est mis à créer, comment cette personne a construit sa démarche, ce qui la questionne, ce qui la fait avancer. À chaque fois, c’est une expérience différente, des échanges de plusieurs heures et, souvent, une magnifique rencontre.

Ces découvertes rappellent pourquoi il est important de médiatiser l’art. Mais aussi pourquoi il est important de le mettre en perspective, de l’interroger, de le contredire parfois par une critique constructive. C’est le rôle que nous voulons continuer à défendre.

Nous avons, par ailleurs, fait de la critique des politiques culturelles un véritable choix éditorial. Et, il faut l’avouer, l’exercice est souvent frustrant. Les mêmes difficultés reviennent, les mêmes débats se répètent, les mêmes constats semblent tourner en boucle. Pendant ce temps, le secteur continue lui aussi de tourner sur lui-même, jusqu’à voir certains de ses acteurs finir par sortir de la ronde… Cette situation ne manque pas de nous interroger : comment faire évoluer réellement les choses si les questions restent sans réponse ?

À travers ces enjeux de médiatisation, la question reste de savoir comment faire vivre un média culturel indépendant ?

Art Content Magazine avait été imaginé sur un modèle économique reposant sur les abonnements de ses lecteurs afin de bénéficier d’une indépendance. L’idée était de préserver une liberté éditoriale totale, de pouvoir rémunérer correctement celles et ceux qui contribuent au magazine et d’être moins dépendant des aléas budgétaires décidés par les pouvoirs subsidiants. Force est de constater que ce modèle, dans sa forme initiale, n’est pas (encore) viable aujourd’hui. Alors qu’on voit un paysage médiatique culturel s’appauvrir, la question – épineuse mais sans doute lucide – est de savoir si ce type d’initiatives peut encore trouver un public suffisamment large.

Mais Art Content n’a qu’un an et est loin d’avoir exploité tout son potentiel. Beaucoup reste à imaginer, à développer et à construire. Si vous tombez régulièrement sur le magazine sans encore y être abonné, c’est peut-être le moment de le devenir. Et si vous l’êtes déjà, parlez-en autour de vous : un média indépendant ne grandit pas seulement avec des lecteurs, il grandit aussi lorsque ceux-ci font circuler ses idées et son existence.

Aujourd’hui, Art Content Magazine se présente dans sa version la plus réduite possible. J’ai fondé le magazine, je l’édite, je le gère, je le promeus et j’y écris. Cette première année, j’ai consacré énormément de temps et de moyens au projet, au point d’avoir presque davantage dépensé que reçu. L’ambition est pourtant tout autre : pouvoir ouvrir les pages à d’autres journalistes, d’autres critiques, ainsi que d’autres auteurs et artistes, multiplier les regards et surtout pouvoir les rémunérer pour leur travail.

Pour continuer à exister, il est devenu indispensable d’imaginer d’autres sources de revenus tout en gardant cette même volonté d’informer et critiquer. Le magazine initie, dès lors, ses premiers partenariats éditoriaux qui visent essentiellement à suivre une manifestation plus largement et à en explorer plusieurs facettes. Cette solution permet aussi de répondre à une frustration éditoriale, celle de n’avoir pu qu’à peine gratter la surface de certaines manifestations dont la densité mérite plusieurs angles et plusieurs articles.

Alors, que retenir de cette première année ?

Une année est une très brève période dans la vie d’un média, et les interrogations qui l’accompagnent sont finalement assez naturelles. Elles sont heureusement largement contrebalancées par les nombreuses marques de soutien reçues depuis le lancement d’Art Content. Artistes, institutions, curateurs, collectionneurs, galeries, agences de presse, partenaires, mais aussi lecteurs et abonnés : chacun, à sa manière, contribue à faire vivre le projet. Par une invitation, une information, une mise en relation, un échange, un abonnement, un encouragement ou simplement une parole bienveillante, ce soutien est à la fois financier, intellectuel et moral. Il est indispensable.

Impossible de citer ici toutes celles et ceux qui ont accompagné cette première année, et ce serait d’ailleurs risquer d’en oublier. Qu’ils sachent simplement que leur confiance, leur disponibilité et leur enthousiasme sont précieusement reçus. Un grand merci à toutes et tous : Art Content Magazine existe aussi grâce à vous.

Parce qu’il reste des artistes à découvrir, des expositions à visiter, des initiatives à comprendre, des politiques à questionner et des regards à déplacer, l’énergie initiale reste intacte. Parler de la richesse de notre paysage culturel est plus que jamais nécessaire. Art Content Magazine continuera à bâtir des passerelles avec les moyens dont il dispose aujourd’hui, tout en gardant l’ambition de construire demain des ponts toujours plus larges.

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